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Sauvons les dauphins

Information sur les cétacés des côtes françaises

PE-04Pêche et engins

Pêche et dauphins en Bretagne et sur la façade atlantique

Le problème n'est pas réparti uniformément le long de la côte. Il se concentre sur une bande et sur une saison, là où le plateau continental, les bancs de petits poissons, la fraie du bar et l'activité pélagique se superposent. Cette fiche décrit cette géographie.

Fiche relue le 20/08/2026

Une géographie très marquée

La façade atlantique française se lit en trois bandes. Le proche littoral, domaine des petits métiers et des populations côtières de grands dauphins. Le plateau continental, large et peu profond, où travaillent la plupart des chalutiers et où circulent les groupes de dauphins communs. Le talus, enfin, brutale rupture de pente où le plateau bascule vers les grandes profondeurs, riche en vie et fréquenté par les espèces plus profondes.

C'est sur le plateau, entre le sud de la Bretagne et la côte basque, que se joue l'essentiel du dossier des captures accidentelles.

De la mer d'Iroise au Morbihan

La pointe bretonne abrite l'une des rares populations résidentes de grands dauphins en France, autour de l'archipel de Molène, dans le périmètre du parc naturel marin d'Iroise. Ces animaux sont sédentaires, peu nombreux et fidèles à leur secteur, ce qui les rend sensibles au dérangement autant qu'aux engins. D'autres groupes côtiers fréquentent le golfe du Morbihan et les pertuis charentais.

Les enjeux y sont différents de ceux du large : dérangement par les embarcations, bruit, interactions avec les filets fixes plutôt que capture massive au chalut. La réglementation applicable est décrite dans la fiche La loi française sur la protection des cétacés.

Le golfe de Gascogne

Au sud de la Bretagne, le plateau s'élargit et devient l'une des zones de pêche les plus productives d'Europe. Les bancs d'anchois, de sardines et de chinchards y attirent à la fois les flottilles pélagiques et les groupes de dauphins communs, qui remontent depuis le large en suivant leurs proies. En hiver, le bar s'y rassemble pour frayer, ce qui concentre encore l'activité.

C'est cette zone qui fait l'objet, depuis 2024, d'une fermeture d'un mois par hiver, du 22/01 au 20/02, pour les navires d'au moins huit mètres utilisant les engins les plus impliqués. Le détail figure sur la page Échouages : où en est le dossier.

Chalutiers pélagiques amarrés le long du quai d'un port de pêche breton au petit matin
Les flottilles pélagiques de la façade travaillent depuis des ports répartis du Finistère à la côte basque, avec des saisons de pêche très marquées.

Le calendrier de la superposition

Superposition entre présence des dauphins et activité pélagique au fil de l'année
Période Dauphins sur le plateau Activité pélagique Risque
Déc. à mars Forte Bar, petits pélagiques Maximal
Avril à juin Moyenne Anchois, sardine Modéré
Juil. à sept. Plus au large Germon, sardine Faible à modéré
Oct. et nov. Retour vers le plateau Reprise pélagique Croissant

Cette saisonnalité est la raison pour laquelle une mesure calée sur un seul mois peut avoir un effet visible : elle coupe le pic, pas l'année.

Les ports concernés

La flottille pélagique de la façade est basée dans un chapelet de ports allant du Finistère à la frontière espagnole : Le Guilvinec, Saint-Guénolé, Concarneau et Lorient en Bretagne sud, La Turballe et Saint-Gilles-Croix-de-Vie plus au sud, Les Sables-d'Olonne en Vendée, jusqu'à Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Pays basque. Ces ports vivent également d'autres métiers, moins concernés par la question des captures accidentelles.

Il n'existe pas de correspondance simple entre un port et un niveau de risque : ce qui compte est le métier pratiqué, la zone travaillée et la saison, pas le pavillon ni le lieu de débarquement.

Questions fréquentes

La Méditerranée est-elle concernée ?

Beaucoup moins pour ce mécanisme précis. Les espèces y sont différentes, la pêche pélagique y est structurée autrement, et les captures accidentelles de cétacés y posent des questions distinctes.

Peut-on observer des dauphins depuis la côte bretonne ?

Oui, notamment là où vivent des groupes côtiers de grands dauphins. L'observation depuis la terre reste la seule totalement dépourvue de risque de perturbation.

Les captures ont-elles lieu près du bord ?

Rarement. L'essentiel se produit sur le plateau, à plusieurs milles des côtes, hors de vue depuis le rivage. Seuls les corps rejetés par les vents d'ouest rendent le phénomène visible.